Château de Maulnes : un chèque de 430 000 € est remis samedi 21 mars à 11H dans le cadre de la mission Bern

19 sept. 2019

Cette somme permettra de financer une partie des travaux de restauration de l’édifice lesquels avaient été suspendus depuis plusieurs années.
Rappelons que le monument a été retenu comme projet emblématique pour la Bourgogne-Franche-Comté.

Maulnes est un édifice unique au monde.

Pour trois raisons :

1. Imaginé, à la Renaissance, par et pour un couple exceptionnel.

2. Bâti à une époque de discorde, sur fond de guerre civile entre catholiques et protestants.

3. D’une architecture inédite, énigmatique … dont on ne connait pas (encore) l’auteur.

Louise de Clermont-Tonnerre est catholique, Antoine de Crussol est protestant, ils forment un couple exceptionnel à l’époque des guerres de religion. Louise de Clermont-Tonnerre est proche de Catherine de Médicis, tandis que son époux, Antoine de Crussol, duc d’Uzès, appartient à une grande famille protestante. Il est plus jeune qu’elle de 24 ans. Entre 1560 et 1566 les tensions sont grandes entre catholiques et protestants, une trève fragile est signée en 1563. Maulnes sera construit entre 1566 et 1572. Les évènements de la Saint-Barthélémy surviendront précisément en 1572.

Quel architecte ? Et bien on l’ignore encore et c’est là un grand mystère ! Certes on connaît le maître maçon et le charpentier, on a oublié qui fut l’architecte. Des noms ont été évoqués : Serlio à qui on doit Ancy-le-Franc, Philibert de l’Orme à qui on doit Les Tuileries, aucun n’aura été retenu. Toujours est-il que Maulnes naît en pleine Renaissance et témoigne de la culture humaniste de l’époque. Maulnes est un château à structure pentagonale régulière. Edifié sur une source et autour d’un puits de lumière pratiqué en son centre, conçu sous les auspices du nombre et de la géométrie. Ces formes singulières étaient destinées à abriter l’homme nouveau.

Qui, au cours de l’histoire de France, aura été marqué par la magie de Maulnes ? Et bien des hommes éminents, figurez-vous ! Nommons-les : Le Corbusier, Clémenceau et surtout Aristide Briand, dans les années 20, entre Paris et Genève (SDN), il s’y arrêta souvent. Il y eut le metteur en scène Patrice Chéreau, Jean-Christophe Averty, Karl Lagerfeld fou de maisons pentagonales et fasciné par le chiffre cinq. Le chef d’Etat-Major américain, le général Pershing qui séjourna à Maulnes en 1917, revenu dans son pays, on dit qu’il suggéra cette forme pour la construction du Pentagone américain (1943).

Pour en faire quoi, aujourd’hui et maintenant ? Maulnes pourrait devenir « Le centre européen de la Renaissance et des Etudes Humanistes ». Un lieu dédié aux échanges entre historiennes/historiens, scientifiques, philosophes, artistes. Maulnes : forteresse symbolique, d’esprit libre-penseur et d’élévation de la conscience humaine. Ainsi les intentions des maîtres d’ouvrage seraient retrouvées, prolongées et célébrées.

 

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