Clermont-l’Hérault : un retour vers le patrimoine

19 déc. 2017

    Le mercredi 6 décembre notre équipe, composée du délégué départemental de l’Hérault Bruno COSME et de Julie HAMADET en service civique à la Fondation, s’est rendue à Clermont-l’Hérault pour rencontrer le personnel de la mairie. Se joignaient à ce rendez-vous trois représentants de l’UDAP, le secrétaire général de la CAPEB-Hérault Pierre AUDRIN, le murailler et maître artisan maçon en patrimoine Robert FIERRET ainsi que Frédéric FIORE, architecte du patrimoine.

    Durant les mandant précédents, la municipalité de Clermont-l’Hérault avait était réticente à faire appel aux services de l’État pour la gestion de son patrimoine bâti. Cependant, récemment un changement de situation s’est produit : le maire et son équipe ont décidé de collaborer avec les services publics pour sauver un patrimoine déjà bien dégradé.

En effet plusieurs mesures prises par la mairie ont eu pour conséquences la détérioration voire la destruction de certains lieux chargés d’histoire. Un dialogue s’est donc effectué entre l’UDAP et la municipalité afin de présenter la réglementation qui régit la sauvegarde du patrimoine ainsi que son application à différents endroits de la ville.

La journée s’est ainsi organisée en étapes pendant lesquelles des constructions variées – fontaines, chapelle, tour, etc – nous ont étaient présentées.

Il en va sans dire que Clermont-l’Hérault possède un potentiel bâti important, et qu’il est possible de redonner vie à ce patrimoine si les moyens financiers sont disponibles.

Voici un exemple de ces constructions qui seront peut-être sauvées dans le futur.

La chapelle Notre-Dame-de-Gorjan de Clermont-l’Hérault (monument inscrit)
Source : HERAULT COMMUNE - DE CLERMONT-L’HERAULT - CHAPELLE NOTRE DAME DE GORJAN - DIAGNOSTIC - AVANT-PROJET SOMMAIRE par Frédéric FIORE, architecte du patrimoine, janvier 2011.

   Cet édifice était à la base la chapelle d'un monastère dédié à Saint-Étienne-de-Gorjan situé en contrebas du château de Clermont-l'Hérault. Sa période de construction s'étend de la fin du XVe siècle au XVIIIe siècle.
L'église, orientée nord-est, présente un plan rectangulaire à trois travées, voûtées de croisées d'ogives reposant sur des pilastres engagés. L'entrée se fait par la façade est, au niveau de la deuxième travée, et est précédée d'un grand emmarchement en demi-cercle.
À l'intérieur, les restes d'une chapelle consacrée à sainte Philomène et d'un immense retable du XVIIIe siècle demeurent aujourd'hui à l'abandon. Plusieurs couches de décors peints se devinent sur les parois mais leur état est très lacunaire.
Le couvent et la chapelle, passant entre les mains de divers propriétaires, furent délaissés à partir des années 1970 ; en 1988 les constructions adossées au nord de l'église s'effondrèrent, à l'exception d'une chapelle dédiée à sainte Anne qui fut détruite en 2000. La même année, le couvent fut vendu à une société immobilière qui en fit des logements.

   La chapelle Notre-Dame-de-Gorjan attend donc d'être restaurée dans l'éventuel but d'être réutilisée par la suite comme lieu culturel. L'édifice avait fait l'objet d'une étude en janvier 2011 par Frédéric FIORE, qui avait estimé le montant des travaux - ouvrages de maçonnerie sur voûtes, réfection des sols, restitution des décors peints,  créations de vitraux, restauration ou reconstruction du retable, électricité, chauffage, et encore bien d'autres interventions - à 875 582, 24€ TTC.

En outre, ces travaux de restauration et réhabilitation seraient l'occasion pour des apprentis artisans, que ce soit au sein de la CAPEB ou sous la direction de Robert FIERRET, de mettre en pratique leurs connaissances et ainsi de s'entraîner. Ce projet leur permettrait par la même occasion de se réhabituer aux techniques traditionnelles du bâti, telles que l'utilisation de la pierre sèche, et jouerait ainsi un rôle majeur dans la transmission de ce savoir local et ancien.  

    Reste maintenant à savoir ce qui peut être fait en accord avec la loi, car un chantier de cette ampleur se doit d'être irréprochable et bien surveillé.
D'un autre côté, la mairie de Clermont-l'Hérault sera-t-elle prête à investir une somme aussi importante dans la restitution de ce patrimoine ? En effet, d'après le DGS (Directeur Général des Services), la commune manque de moyens et d'autres priorités se font également sentir (entretien des écoles, des routes, ...). Toutefois le maire et son équipe se sont montrés à l'écoute des arguments de l'UDAP et de la Fondation, nous verrons par la suite quelles décisions découleront de cette journée passionnante !

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