Lancement de la collecte de dons pour le Temple protestant de Saumur

20 déc. 2019

Sous l’égide de la Fondation du patrimoine, la Mairie de Saumur et l’association cultuelle de l’église protestante réformée de Saumur lancent une vaste campagne d’appel aux dons pour le renforcement de la charpente et des murs d’arases, ainsi que la restauration des verrières de la nef et de la couverture avec la restitution des chéneaux du temple de Saumur. Le coût estimatif des travaux s’élève à 420 000€ HT. Ces travaux permettront d’assurer la pérennité du bâtiment. L’objectif de la collecte est fixé à 30 000€. Cet appel au mécénat populaire s’adresse à tous : aux habitants de Saumur et à tous les adhérents de l’association cultuelle de l’église protestante réformée de Saumur. Pour faire un don, cliquez ici !

Ce Temple est unique dans le département, tant pour son histoire que pour son architecture. Il reçoit régulièrement des fidèles venus d’Angers et de Cholet.
En dehors de toute considération religieuse actuelle, le Temple est un édifice emblématique d’un pan d’histoire de Saumur. Le siècle de la réforme est une grande époque historique de la collectivité. Oppressés par l’Église locale nombre de notables et gens du peuple se convertissent à l’église réformée. Considérée au début du XVIIe siècle comme la capitale politique du protestantisme, la ville traversera douloureusement la période où se sont entremêlées les guerres de religion et les guerres du royaume.

Un peu d'histoire
Si la ville de Saumur, devient à partir de 1589 une place forte du protestantisme suite au rapprochement entre le roi Henri III et Henri de Navarre, le lieu dédié au culte à connu bien des tourments.
D’abord célébré presque confidentiellement dans le logis du gouverneur de la ville, Philippe Duplessis-Mornay, le culte est ensuite pratiqué dans un bâtiment prés du prieuré de Saint-Florent-du-Château. En 1590, cet édifice est détruit lors des travaux d’aménagement de la citadelle.
Un temple est alors édifié avec les deniers personnels du couple Duplessis-Mornay, sur un terrain proche du centre-ville. Inauguré en Mars 1593 par le Roi Henri IV, il est rasé en 1685 suite à l’interdiction de la pratique du protestantisme.
En 1802 le Concordat autorise à nouveau le culte protestant en France. La communauté protestante saumuroise qui s’est reformée grâce à l’aide des Anglais d’Anjou, confie à Charles Joly-Leterme, l’architecte de la ville, la construction d’un nouveau Temple. Inspiré des anciens temples grecs, il se dresse dés la fin juin 1844 à quelques mètres de l’ancien temple. L’intérieur de l’édifice est achevé 10 ans plus tard. Comme il est de règle dans la théologie protestante, il est d’une grande sobriété. Derniers vestiges du premier temple, sauvegardées de la destruction et conservées à l’Abbaye de Saint Florent, puis en l’église paroissiale de Varrains, 2 plaques d’ardoise sur lesquelles sont gravées les Tables de la Loi sont restituées à l’église protestant en mai 1928.

En juin 1940, le Temple est ravagé par les bombardements sur la ville. Faute de moyens, les réparations entreprises ne restitueront pas les dispositions initiales de l’édifice, et notamment la baie vitrée en forme de croix du pignon est. Cette façade jouxte la place William PENN, étudiant à l’Académie protestante de Saumur en 1662 et 1663, dont les actes et l’idéal pacifiste inspireront toutes les démocraties modernes et notamment en France la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Outre l’état d’encrassement et de desquamation général des maçonneries en pierre de Tuffeau, pierre caractéristique du Val de Loire, l’édifice souffre de désordres importants de ses superstructures, liés à des malfaçons de conception et/ou lors de précédentes restaurations.
La triangulation des fermes de la charpente et l’assemblage de ses éléments sont inadéquates et ne correspondent pas aux plans de construction réalisés par à Charles Joly-Leterme. Les chevrons ont fléchi et portent difficilement la couverture. Les renforts occasionnent un poids supplémentaire sur les arbalétriers et les entraits de ferme qui supportent intégralement
le poids du plancher et des verrières. Les échantignolles des pannes intermédiaires sont souvent instables, mal fixées voire inexistantes.
Cette charge trop importante a engendré un fléchissement des poutres provoquant l’arrachement des contre-fiches et des poinçons de fermes, ainsi que la fissuration des maçonneries d’arases des murs gouttereaux au droit des abouts d’entraits (fissures dans la nef).
La couverture n’est plus totalement étanche et la couvertine en plomb du faîtage est vétuste et déformée par endroits. Les puits de lumière sont très dégradés et les rosaces sont cassées par endroits. Des morceaux de plâtre et des éléments des vitraux tombent dans les filets de protection. Les descentes d’eaux pluviales anarchiques ou absentes, contribuent à la prolifération des mousses et lichens qui colonisent l’ensemble, et accentuent la desquamation des maçonneries des façades. Plusieurs fissures importantes du mur en façade nord sont apparentes. Les pieds de façade sont très altérés par l’humidité. Les fers d’armature des maçonneries du fronton sont oxydés. Les maçonneries sous le porche et celles des frises d’entablement sont cassées et plusieurs têtes de lion des gargouilles sont manquantes.

Le programme de Travaux est inscrit au programme d’action de la convention annexe au CPER 2015-2020. Il bénéficie d’une aide de la DRAC et de la Région des Pays de la Loire à hauteur de 60 000 € chacun. Le Département de Maine et Loire apportera une aide de 30 000 € dans le cadre de son nouveau dispositif d’aide aux Monuments Historiques dont l’état sanitaire nécessite une intervention prioritaire.

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