Le bœuf Moka de La Réunion récompensé par le Prix national pour l'Agro-biodiversité

28 févr. 2017

En cinq ans, ce concours a permis de découvrir plus de 170 initiatives menées sur l’ensemble de nos régions et de récompenser 16 d'entre elles. Ce prix a su donner une impulsion à des projets à la fois personnels et professionnels. Tous uniques, car le fruit d'une aventure humaine et liés à des races animales locales, ces projets ont en commun la notion de solidarité et la recherche de solutions économiques durables en respectant les territoires, les races animales et les hommes impliqués.

À l'occasion de cette 5e édition, et parmi 3 autres lauréats, l'association pour la Promotion du Patrimoine et de l'Écologie de La Réunion se voit récompenser pour son action de préservation du bœuf Moka. Celui-ci est à l'image de la population de l'île, c'est-à-dire issu d'un métissage de différents animaux introduits depuis l'Asie, le Moyen-Orient, l'Afrique et Madagascar. 

Grâce à sa robustesse, il a participé au développement de l'industrie sucrière comme bœuf de trait pour les charettes et bœuf de pressage du jus de canne. Deux régions se sont aussi spécialisées en lait de Moka au XIXe siècle : la Plaine des Palmistes (fromage) et la Plaine des Grègues (beurre).

Les quelques troupeaux résistants aujourd'hui se trouvent principalement sur la côte Ouest et les Hauts de l'Ouest. L'usage des animaux en tant que moyen de locomotion ou de charroi des cannes ayant fortement diminué, les cheptels de Moka s'amoindrissent : avec moins de 600 mères recensées, le bœuf est aujourd'hui une race à très faible effectif et reconnue comme race locale menacée

Aujourd'hui, l'association porteuse du projet souhaite mettre en place un plan de sauvegarde de la race : actions de sensibilisation et de promotion en lien avec les éleveurs, permettant de trouver des solutions locales pour l'installation de nouveaux éleveurs. Il s'agit également d'identifier des circuits courts de commercialisation pour la viande de Moka. La sauvegarde de la race va à terme permettre de préserver le patrimoine réunionnais et de maintenir une activité économique.

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