Les coulisses d’une renaissance

24 janv. 2019

Lundi 21 janvier, Françoise le Corre, restauratrice, a ouvert les portes de son atelier de Dijon aux donateurs du retable de l’église de Fleurey-sur-Ouche. Une autre visite est prévue à Semur-en-Auxois, où se réalise la restauration du cadre du retable. Si vous souhaitez y participer, il vous suffit d’apporter « votre pierre à l’édifice » en faisant un don pour ce beau projet.

 

Durant une heure et demie, elle a expliqué comment elle allait redonner toute sa splendeur à l’oeuvre, représentant Jésus et Saint Jean Baptiste près du Jourdain. Cette toile du début du XVIIIème siècle n’a jamais connu de restauration.

Pour l’histoire, ce retable a été peint sur une toile de lin, ce qui est assez rare pour l’époque. La plupart des tableaux sont peints sur des toiles moins résistantes, comme le chanvre. Dès le début, il y avait donc une volonté de la part des commanditaires de faire survivre le tableau aux affres du temps.

Néanmoins, de nombreux travaux sont à prévoir. Tout d’abord, il faut retirer le vernis originel de la toile. Il présente une épaisseur d’un demi-millimètre, qui a jauni avec le temps, et qui nuit à l’éclat des couleurs qui se trouvent dessous. Pour ce faire, Françoise le Corre utilise un solvant à base d’éthanol, en prenant garde que le coton sur lequel elle l’applique ne soit pas abrasif, afin que les pigments ne partent pas.

Le tableau présente également des déchirures par endroits, qu’il faut combler. Dans un premier temps, la restauratrice va combler les trous avec un matériau qui se rapproche le plus possible du lin d’origine, et qui épousera la forme exacte des déchirures. Puis une fibre de polyester sera appliquée sur le dos du tableau pour consolider le tout.

Enfin, des retouches de peintures sont à prévoir, car le retable présente plusieurs lacunes. A l’aide de pigments, la restauratrice va combler les manques. Elle pourra ensuite vernir le tableau, et rajouter des bandes de lin afin de retendre la toile, et la refixer sur son support.

Au cours des explications, les participants ont eu l’agréable surprise de découvrir que la restauratrice a mis à jour une date et un lieu sur le coin gauche du tableau. Ainsi, l’on sait avec certitude que ce tableau a été peint en 1710 à Dijon.

La restauration sera achevée dans le courant du mois de février.

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