Les coulisses d'une renaissance 2

14 févr. 2019

Après la visite à l’atelier de Françoise Le Corre le 21 janvier dernier, qui concernait la restauration de la toile du retable, ce sont Florence Harvengt et Benoît Jacob, conservateurs d’œuvres sculptées, qui ont ouvert les portes de leur atelier de Semur-en-Auxois aux donateurs du retable, ce jeudi 7 février. Ces derniers ont pu constater les travaux effectués et à venir sur le cadre de l’œuvre. Plusieurs opérations de restauration sont prévues.

Pour éradiquer une attaque active d’insectes xylophages, un premier traitement de désinsectisation a été effectué par surcongélation sur la partie architecturée du retable. Après ce premier traitement par le froid, la polychromie et les dorures des boiseries ont été soigneusement dépoussiérées. Le nettoyage en cours, à base d’eau et d’ammoniaque, fait maintenant nettement apparaître la couleur gris clair de la peinture faux marbre sous-jacente. Les lacunes sont comblées puis masquées à l’aquarelle pour rétablir visuellement la continuité du décor. Il s‘avère que depuis sa fabrication en 1695, le retable n’a subi qu’un seul repeint, ce qui est assez exceptionnel.

Le groupe sculpté qui occupait le fronton interrompu couronnant le retable a retrouvé lui aussi son lustre d’origine. Dorures et argentures révèlent aujourd’hui tout leur éclat. Au niveau des nuées, les parties manquantes ou fragilisées ont été rétablies par des greffes de balsa enduites de mastic. Toujours dans un souci de réversibilité, les retouches de couleur, à l’aquarelle et mica doré, sont appliquées avec patience par petits traits verticaux et parallèles. Il s’agit de donner de loin l’illusion de la continuité mais de laisser, de près, apparaître discrètement la restauration effectuée.

Plusieurs détails dans la composition de ce groupe sculpté laissent les restaurateurs perplexes quant à son origine. Quelques recherches à partir de cartes et de photographies anciennes ont permis de retrouver sa fonction première. Il s’agit en effet d’un dais d’exposition autrefois installé sur le tabernacle du maître-autel. La question se pose de savoir comment ce précieux mobilier est parvenu à remplacer la statue de saint Jean-Baptiste au centre du fronton brisé.
 
La souscription continue donc car cette surprise entraînera sans doute des dépenses non prévues en plus de celles d’un éclairage approprié actuellement à l’étude.

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