Notre-Dame, 1 an après : l'avancée des travaux

7 avr. 2020

Elle se tient toujours là, debout, encore majestueuse malgré sa fragilité, encore largement reconnaissable malgré l’absence déroutante de sa flèche. Affublée de l’immense échafaudage noirci que les flammes ont soudé à ses parois et percée en son cœur d’un trou béant, Notre-Dame de Paris résiste vaillamment depuis le terrible incendie qui l’a partiellement détruite le 15 avril 2019.

Si les travaux sont temporairement interrompus en raison de l’épidémie du covid19, cette « mise en sommeil » n’occulte pas l’incroyable travail qui a été accompli ces derniers mois.  Les compagnons et artisans en charge du chantier – maçons, serruriers, grutiers, échafaudeurs, cordistes, sculpteurs, maîtres verriers… – mais aussi les laboratoires d’analyses, les spécialistes de la dépollution et agents de sécurité et sûreté, ont permis à ce joyau gothique et témoin de l’histoire de France de rester debout. Fragile mais debout.

Depuis l’incendie, un grand nombre d’opérations cruciales pour la protection de l’édifice ont été réalisées : évacuation et préservation des œuvres d’art et des vitraux, mise hors d’eau de la cathédrale, déblaiement et tri des vestiges ou encore cintrages des arcs-boutants. Récemment encore, les travaux allaient bon train et des étapes décisives pour la sécurisation de la cathédrale ont été franchies

La première, et peut-être la plus importante, est celle du démontage de l’échafaudage. Cette structure de 40 000 pièces métalliques, installée avant l’incendie pour restaurer la flèche de Viollet-le-duc, constitue depuis l’incendie l’une des plus grandes menaces pour Notre-Dame : s’il s’effondre, il emporte avec lui tout l’édifice. Son démontage est donc urgent mais constitue une opération extrêmement longue et délicate, tant par la fragilité de la structure elle-même que par celle du monument et l’instabilité des vestiges de charpente sur la croisée. Dès décembre 2019, la structure existante a été renforcée et ceinturée à plusieurs niveaux puis un nouvel échafaudage a été construit autour de l’ancien pour permettre aux cordistes d’aller scier, un à un, les tubes en acier situés pour la plupart à plus de 40 mètres du sol. Cette opération est déterminante pour la poursuite des travaux et sa réalisation était imminente au moment de la fermeture du chantier.

© Zachmann

Autre opération particulièrement sensible  : celle de l’installation d’un plancher au-dessus de la nef, là où la toiture a disparu. Une fois cette plateforme installée, les cordistes pourront accéder aux voutes restées jusque-là inaccessibles et récupérer les restes calcinés de la charpente qui s’y trouvent. Les capteurs et les lasers qui surveillent en continu le mouvement des voûtes principales ont par ailleurs révélé que celles-ci n’avaient quasiment pas bougé depuis l’incendie. Une excellente nouvelle pour ces voûtes exposées la nuit de l’incendie à de très hautes températures et à l’eau !

© Zachmann

Auparavant, il a fallu relever un autre défi : celui du déplombage de l’édifice. L’incendie a en effet exposé Notre-Dame à des résidus de combustion de plomb en raison de la présence de ce métal dans la couverture de la cathédrale. En juillet 2019, ce risque a conduit à une suspension des travaux de sécurisation, et, le mois suivant, à une opération de décontamination des écoles et rues situées à proximité du monument. Une campagne continue de surveillance des niveaux de plomb a été mise en place. Là aussi, les dernières nouvelles sont rassurantes puisque les tests de l’agence régionale de santé ont conclu en mars à une absence de nocivité pour les riverains de Notre-Dame comme pour les ouvriers.

© Zachmann

Depuis le début de l’année, de grandes études d’évaluation et de diagnostic ont été lancées, visant à identifier ce qu’il est urgent et nécessaire de stabiliser en vue d’une réouverture de la cathédrale au public dès que possible. À l’issue de ces études de programmation détaillées, les études de maîtrise d’œuvre puis les consultations-travaux seront organisées afin de pouvoir débuter les travaux de restauration à proprement parler.

Pendant près d’un an, tout a été fait pour mettre Notre-Dame de Paris en sécurité et consolider sa structure qui menaçait de s’écrouler. Le calendrier fixé – reconstruction à partir de 2021 et réouverture au public en 2024 – est aujourd’hui bouleversé par la crise sanitaire que l’on connaît.  Désormais, Notre-Dame attend avec impatience que les hommes, mobilisés sur d’autres fronts, reviennent panser ses blessures et reprennent les actions engagées.

La Fondation du patrimoine vous tiendra informés dès que de nouvelles informations seront connues. Nous ne laisserons pas retomber cet élan de générosité et cette mobilisation en faveur de ce patrimoine intemporel.

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