Notre-Dame de Paris: le point sur les travaux

22 juil. 2020

Le chantier redémarre et les choix de restauration se précisent !

 

Après plus d’un mois de silence, la cathédrale de Notre-Dame de Paris retentit à nouveau de voix et de bruits de machines. Charpentiers, cordistes, menuisiers, grutiers, chercheurs ou encore maitres verriers sont progressivement revenus sur les lieux pour mesurer, calculer, observer, bâtir et imaginer. La route pour consolider la structure de la cathédrale est encore longue !

 

 

Le démontage de l’échafaudage, en préparation depuis près d’un an, a enfin débuté ce 8 juin. Ce mastodonte d’acier aux 40 000 pièces métalliques fondues constitue en effet toujours une menace pour l’édifice et son démontage conditionne la possibilité de démarrer la restauration de Notre-Dame. Il s’agit donc de le retirer, sans déstabiliser davantage la structure de la cathédrale, ni mettre en danger les hommes chargés de cette tâche délicate. Deux équipes de cinq cordistes se relaient actuellement tous les jours pour descendre au plus près des parties calcinées et découper, à l’aide de scies sabres, les tubes métalliques fondus les uns sur les autres. Les parties de l’échafaudage qui sont accessibles à l’aide d’une nacelle, elles, sont démontées par des échafaudeurs. Cette opération se poursuivra tout au long de l’été.

Une autre opération a commencé début juin : le déblaiement et l’inspection des voûtes de la nef et du chœur. La première étape est d’évacuer les bois calcinés et les éléments métalliques de la charpente et de la nef. Il sera ensuite possible d’examiner de près l’état des mortiers qui assurent les joints entre les pierres, afin de de savoir comment ils ont résisté aux très hautes températures, à l’eau et aux différents épisodes météorologiques depuis le 15 avril (fortes chaleurs de l’été, pluie, froid…).

S’il en est un qui a plutôt bien résisté, c’est l’orgue. Véritable miraculé de l’incendie, le grand orgue symphonique de Notre-Dame de Paris a échappé aux flammes, ainsi qu’aux litres d’eau déversés par les pompiers. Seul problème : les poussières et scories qui se sont répandues sur l’ensemble de l’instrument et qui nécessitent un nettoyage approfondi. Ses 8 000 tuyaux seront donc démontés un par un à partir de cet été. Quatre à cinq mois de travail seront requis pour cette opération.

L’orgue ne sera pas le seul à être dépoussiéré : un grand nettoyage de printemps, ou plutôt d’été, est prévu pour la cathédrale entière, dont l’intérieur va être totalement déblayé et décontaminé. Par ailleurs, un nettoyage test complet sur deux chapelles, Saint Ferdinand et Notre-Dame de Guadalupe a démarré début juillet afin de déterminer un protocole de restauration adapté et une planification des interventions.

Alors que la phase de sécurisation de la cathédrale se poursuit, l’heure des grands choix de restauration a déjà sonné. La Commission Nationale du Patrimoine et de l’Architecture qui s’est tenue le 9 juillet s’est prononcée pour une restauration à l’identique de la couverture et de la flèche. Une décision approuvée par le chef de l’Etat, qui a validé dans ses grandes lignes le projet présenté par l’architecte en chef Philippe Villeneuve. La possibilité d’un « geste architectural contemporain », un temps envisagée pour la flèche, est donc abandonnée au profit d’une restauration au plus proche de la version de Viollet-le-Duc. L’étude de diagnostic, attendue pour l’automne 2020, présentera les travaux à entreprendre, ainsi que les coûts et délais associés. C’est sur cette base que les cahiers des charges des consultations seront préparés en vue de finaliser les principaux marchés de travaux en 2021.