Notre Dame de Paris - Six mois après

15 oct. 2019

Six mois après l’incendie… Les grandes étapes qui attendent Notre-Dame

Six mois après cette nuit du 15 avril où 600 pompiers ont été mobilisés pour sauver la cathédrale Notre-Dame de Paris, où en sont les travaux ?

À ce jour, 39 entreprises différentes interviennent sur le chantier. Parmi les corps de métiers représentés, il y a notamment des maçons, serruriers, grutiers, échafaudagistes, sculpteurs, maîtres verriers, laboratoires d’analyses, agents de sécurité et sûreté, spécialistes de la dépollution, …

Environ 80 % des décombres présents à l’intérieur de la cathédrale ont, à ce jour, été évacués, triés et conservés.

1) Les voûtes

Les voûtes hautes ont été très profondément touchées par l’incendie. Plusieurs parties ont été détruites. Toutefois, tous les effondrements de voûte ont été causés par un choc consécutif à la chute d’éléments de charpente, et non par les effets du feu qui aurait fragilisé davantage une partie du voûtement. L’ébranlement des parties adjacentes aux parties effondrées et l’effet réel du feu, font peser une menace sur la stabilité réelle du voûtement. Le 25 juillet, deux blocs de pierre sont tombés sur les filets tendus de la nef.

2) La dépose de l’échafaudage :

Un autre chantier important va être la dépose de l’échafaudage qui entourait la flèche. Cet échafaudage qui faisait 250 tonnes avait été construit pour permettre la restauration de la flèche. Avec l’incendie et l’extrême chaleur, les 50 000 tubes qui le composaient ont été chauffés à plus de 800 degrés : ils ont donc été soudés entrent eux.
Ces travaux prévoient un démontage de l’échafaudage coincé à la croisée du transept, celui-ci faisant encore peser sur l’édifice un risque d’effondrement. Des capteurs ont été installés en vue d’en suivre les mouvements et d’assurer la sécurité du chantier et des riverains.

3) Les vitraux

L’incendie aura épargné la totalité des vitraux, en particulier ceux des deux roses des croisillons nord et sud, du XIIIe siècle, proches des flammes, alors que la rose occidentale a été protégée par la toiture en dalles de pierre qui couvre la voûte au-dessus de l’orgue. Dans un objectif de conservation et pour répondre à des questions pratiques de chantier, la totalité des vitraux des parties hautes du chœur et de la nef a été déposée et stockée chez des maîtres-verriers. 

4) Les travaux à venir :
- Enlèvement des gravats situés sur l’extrados des voûtes en liaison avec la police scientifique et le service régional d’archéologie de la DRAC ;
- Nettoyage des voûtes pour permettre de démarrer le diagnostic ;
- Mise en place de tirants métalliques pour stabiliser la nef ; 

Alors que le chantier de Notre-Dame est aussi une occasion de mettre en lumière les métiers des bâtisseurs de cathédrales comme celui de Jean-Pierre Beaussier (découvrir l’interview), les scientifiques travaillent eux aussi en nombre sur l’édifice. Le CNRS a d’ailleurs ouvert un chantier Notre-Dame pour encadrer les diverses recherches. Celles-ci s’orientent par exemple sur la modélisation et les données numériques, la charpente et les différents matériaux, ainsi que l’anthropologie.
D’autres recherches se concentrent sur la provenance des pierres afin de retrouver les carrières d’exploitations et pouvoir accéder à des pierres similaires. L’étude des morceaux de la charpente pourrait quant à-elle permettre d’affiner nos connaissances sur le climat d’avant 1400.

Ainsi scientifiques et artisans travaillent main dans la main pour permettre de sauver cette cathédrale unique au monde.

 

Ces informations sont en partie extraites du dossier de presse publié par le préfet de la Région d’Ile-de-France le lundi 14 octobre 2019.

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