Une collaboration à venir avec Poussan

3 janv. 2018

Le vendredi 8 décembre 2017, deux jours après notre excursion à Clermont-l'Hérault, nous nous sommes rendus à Poussan pour y rencontrer les membres de l'association Saint-Vincent. Ces-derniers ont pour projet de restaurer la chapelle des Pénitents Blancs de la ville afin de faire redécouvrir leur patrimoine aux Poussannais, et peut-être par la suite de lancer une campagne plus large de sauvegarde et de restauration.
Le but de la journée a donc été de décider des éventuelles interventions à mettre en œuvre et de l'ordre dans lequel procéder.

La chapelle fut élaborée en 1656, 66 ans après que la Confrérie des Pénitents Blancs ne soit créée dans le contexte de la Contre-Réforme. Son entrée se fait par un beau portail orné d'un bossage en diamant. Au-dessus, une niche, aujourd'hui vide, devait accueillir dans le passé la statue d'une Vierge.
À l’intérieur, il ne reste plus beaucoup de mobilier mais l’une des grandes richesses du lieu sont les enduits qui recouvrent encore partiellement les murs, notamment au niveau du chœur. La toiture, qui n’est pas d’origine, devait se constituer à la base d’une voûte en croisée d’ogives soutenue par un arc-doubleau ; des pilastres et des traces d’arcs sur les parois témoignent de la structure d’antan.

Les travaux envisagés, complexes, s’étaleraient sur plusieurs phases. Les membres de l’association Saint-Vincent souhaitent faire de la restauration de la chapelle un projet exemplaire, qui deviendrait le premier d’une série de chantiers visant à revaloriser le patrimoine poussannais. Prêts à mettre le temps et l’argent qu’il faudra, ces bénévoles passionnés veulent faire les choses dans les règles et de façon qualitative.
Au rendez-vous se joignait également l’architecte du patrimoine Jean-Denis Schauer, qui a établi un premier diagnostic et les potentielles étapes des travaux. En premier lieu, la mise hors-d’eau de la chapelle s’avère urgente pour la protection des peintures murales. La toiture serait également refaite à l’origine : actuellement, elle se compose d’une charpente se reposant sur des charges et soutenant des tuiles de type Marseille. Il serait donc question de restituer la voûte d’ogives et son arc-doubleau, une intervention ardue mais possible, et de poser comme couverture des tuiles canal. Les différents couches d’enduit feraient quant à elles l’objet d’analyse : des documents d’archives permettent de reconstituer les décors originels, mais leur restitution à l’identique ne sera peut-être pas réalisable et il est d’abord important de fixer les limites de la restauration de ces peintures. Pour finir certaines fissures dans les murs sont préoccupantes, à commencer par celles de l’arc triomphal : leur origine reste encore obscure mais elles témoignent d’un tassement de la structure

Certaines problématiques qu’implique le projet croisent celles qui se sont manifestées lors de la journée à Clermont-L’Hérault (voir l’actualité CLERMONT-L’HÉRAULT : UN RETOUR VERS LE PATRIMOINE). Premièrement, le chantier se centrerait sur les idées de qualité et durabilité : si le coût des interventions peut s’avérer impressionnant au début, il sera vite amorti par la longévité des réalisations. Il s’agit donc de ne pas faire les choses hâtivement ni économiquement.
De plus, le projet participerait à la transmission de savoir-faire traditionnels puisque la CAPEB pourrait faire intervenir des apprentis qui pratiqueraient leurs connaissances théoriques sur ce chantier.

La chapelle, une fois restaurée, deviendrait un lieu culturel accueillant par exemple des expositions et des concerts.
Nous espérons fortement que ce projet se concrétise et nous vous tiendrons au courant de ses d’éventuelles avancées !

Lien utile : https://blog.ville-poussan.fr/?p=105872

Médias