CALVAIRE DES RECOLLETS A ROMANS-SUR-ISERE

Le chemin de croix dit du « Grand Voyage » de Romans et son calvaire

1516-2016, cinq cents ans d'histoire pour le calvaire des Récollets de Romans-sur-Isère, et de son chemin de croix dit du « Grand Voyage »...

Lieu unique en Rhône-Alpes, classé au titre des monuments historiques depuis le 24 juillet 1986, le Calvaire des Récollets est malheureusement fermé actuellement au public pour des raisons de sécurité. La vaste et inédite campagne de restauration (réalisée en 2016-2017) ainsi que l'ambitieuse et enthousiaste programmation célébrant le 500e anniversaire du chemin de croix dit du Grand Voyage de Romans auront pour objectif principal de permettre aux Romanais et aux Romanaises de se réapproprier ce monument méconnu, mais emblématique d'une période de l'histoire de la ville.

La fondation par Romanet Boffin

Lors d'un voyage d'affaires à Fribourg en décembre 1515, Romanet Boffin est frappé par un chemin de croix formé par sept « piliers » disséminés dans la ville, et, un calvaire, construit par Pierre d'Anglisberg, commandeur de Rhodes, en résidence dans cette ville. Romanet Boffin en est si édifié qu'il projeta de faire dans son pays un calvaire semblable.

Le 3 février 1516, les chanoines donnèrent l'autorisation à un nommé Vincent Gallon d'ériger sept piliers de pierre en mémoire de la Passion du Christ, à partir de l'église Saint-Barnard jusqu'à la croix située au-delà du lieu-dit des Rampaux. Romanet Boffin inclut dans son projet la création d'un couvent adjacent au calvaire. La première pierre est posée solennellement le 15 mai 1517. En 1521, ce lieu était déjà un but de pèlerinage où affluaient un grand nombre de fidèles.
L'ensemble est achevé en 1522. Sur ce mont artificiel, sont érigées les trois croix du calvaire, accompagnées des effigies des trois Maries, et une chapelle dite du Saint Sépulcre.

Établi sur un site alors retiré, situé à l'ouest de la ville, à 600 mètres des remparts de la porte de Clérieux, Romanet Boffin avait souhaité reproduire toutes les étapes du Chemin de croix vécu à Jérusalem.

Les conséquences des guerres de Religion sur le « voyage de piété du Mont-Calvaire de Romans »

Les constructions étaient à peine terminées, que les guerres de Religion détruisirent plusieurs fois les stations et le calvaire. Le 28 novembre 1548, le calvaire est spolié et incendié par les réformés. En mars 1562, les calvinistes mettent le feu aux trois croix du calvaire, renversent des stations, saccagent et pillent l'église. Les religieux franciscains abandonnent leur couvent le 16 mai 1562. Il reste inhabité jusqu'en 1583. De 1583 à 1630, une première campagne de reconstruction se déroule. En septembre 1612, les Récollets sont établis en remplacement des franciscains jusqu'en 1791. Ils emploient les abondantes aumônes à réparer les lieux saints, et les habitants mettent un grand empressement à rétablir les trente-sept stations.

La Révolution, vers un cimetière-calvaire

A la Révolution, les Récollets quittent le couvent, remplacés par quelques Chartreux jusqu'en 1813. Ces derniers n'ont pu s'opposer à un nouveau saccage en 1794 – les Sans Culottes détruisent alors le chemin de croix, ainsi que le Saint Sépulcre -, à la vente de l'église et du calvaire en 1796-1797, et à la transformation de l'enclos en cimetière communal.
A la Restauration, le couvent est loué puis vendu en 1822 à l'évêché de Valence, et, l'enclos du Calvaire perd son statut public en 1812. Il sert alors de lieu de sépulture à plusieurs familles de Romans qui font construire entre 1820 et 1862 toute une série de chapelles funéraires privées faisant également office de station, comme la famille Larat. De nombreuses pierres sépulcrales et tombales ponctuent les espaces laissés entre les petits édifices.

Le Calvaire est intégralement reconstruit entre 1857 et 1858. On compte alors 40 stations : 21 dans la ville et 19 dans le calvaire.

Le XXe siècle, entre abandon et restauration

Au début du XXe siècle, le chemin de croix est abandonné. En 1940-1942, la station VIII est la première station à être restaurée. Les stations II, III, IV, et V sont restituées.
Puis vient le temps de la prise de conscience : en 1967, l'association des amis du calvaire est créée. Ses membres viennent à plusieurs reprises nettoyer le lieu. Le 24 juillet 1986, le calvaire est classé. Depuis lors, des campagnes régulières d'entretien et de restauration sur le chemin de croix dit du « Grand Voyage » de Romans sont entreprises.
En sus d'être un « chemin de croix » sorti d'une église, le « Grand Voyage » est un chemin de croix urbain, phénomène assez rare, que l'on retrouve parfois dans l'espace germanique – Berlin, Lübeck -. Le plus souvent, ils sont installés sur des collines, en milieu rural. Les plus connus sont les Sacri Monti, en Italie du Nord, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Médias

Nature des travaux

Les travaux seront réalisés en deux tranches :
2016 : restauration du "Golgotha"
2017 : restauration du portail monumental et du mur d'enceinte

L'architecte du patrimoine Mme Veran-Hery suit le projet.

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