Quoique marquée par les travaux réalisés au XIXème siècle, l’église de Saint-Denis-de-Villenette conserve d’importants éléments remontant à sa construction au Moyen Age. Sa nef est encore dotée de sa charpente d’origine, de type à chevron formant ferme sans panne, qui par comparaison avec des exemples datés en Mayenne (église de Saint-Leger-en-Charnie) peut être  attribuée à la fin du XIIème ou au début du XIIIème siècle. L’église devait alors être constituée d’un volume unique avec un chevet plat.

 Les deux chapelles qui forment le transept résultent vraisemblablement de travaux du XVème ou du XVIème siècle. On peut penser qu’elles ont été construites par les familles dont relevait la seigneurie de Saint-Denis, soucieuses de manifester leur importance.

 Au XIXème siècle, la vétusté de l’église et l’augmentation de la population ont conduit la municipalité à entreprendre une vaste rénovation. Celle-ci a été confiée à l’architecte de Domfront Emile Bichain et à l’entrepreneur de Neuilly-le-Vendin François Paton : commencés à la fin de 1847 ou en 1848, les travaux ne furent reçus définitivement qu’en mai 1860 du fait du procès qui opposa en raison de malfaçon, la commune à l’entrepreneur puis à ses héritiers. Les murs du chœur et du transept furent alors surélevés et leur charpente reconstruite. La sacristie fut réédifiée au nord du choeur et un volume symétrique servant également d’entrée fut réalisé au sud. On construisit aussi probablement la tour-clocher, qui prend place, de façon originale, au chevet de l’église. Les baies furent toutes refaites en granite, afin d’améliorer l’éclairage de l’église.

 

 L’aménagement intérieur fut totalement repris. On détruisit les arcs séparant la nef du choeur et des chapelles formant transept. La voûte qui était vraisemblablement lambrissée fut refaite en lattis de bois recouvert de plâtre. Elle reçut un décor de faux arcs-doubleaux en pierre recoupés par une lierne, inspiré de l’architecture de la Renaissance. Les murs furent couverts d’un enduit peint d’un faux-appareil.

Le mobilier est en grande partie contemporain ou de peu postérieur à ces travaux. Seuls les fonds baptismaux, en granite, sont anciens: ils remontent au XVème siècle. Le retable, en bois, est sans doute de la première moitié du XIXème siècle. En son centre se trouve un tableau représentant l’Annonciation, imité, sans doute à travers une gravure, du tableau peint par François Lemoyne au début du XVIIIème siècle et actuellement conservé dans l’église Saint-Sulpice à Paris.

 Les statues sont toutes en plâtre, sauf peut-être l’ange et la Vierge à l’Enfant (placés trop haut pour que leur matériau ait pu être identifié) situés sur l’entablement du retable. Dans le choeur se trouvent un saint Jean-Baptiste, un saint Denis, patron de la paroisse, représenté entier et non, comme le plus souvent, décapité et portant sa tête à la main, et une sainte Jeanne d’Arc; dans le bras nord du transept: Notre-Dame de Lourdes et I’Education de la Vierge (la Vierge enfant accompagnée de sa mère sainte Anne) ; dans le bras sud : saint Joseph et l’enfant Jésus, le Christ au sacré coeur et Saint Antoine de Padoue.

 Une intéressante statue en terre crue de la Vierge à l’Enfant a été retrouvée en 2003 dans le comble de l’église. Actuellement conservée dans la sacristie, elle date du XVIème siècle et a sans doute été remisée lors des travaux de réaménagement de l’église au XIXème siècle. Du fait de son ancienneté et de son matériau, elle mériterait d’être restaurée et mise en valeur.

 Le cimetière qui prenait place autour de l’église a été déplacé tardivement, en 1936. II en subsiste la croix en granite qui peut remonter au XVème ou au XVIème siècle.

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