EGLISE SAINT JEAN BAPTISTE DE MONCEAUX AU PERCHE

Le bourg situé sur la colline entre le cours de deux rivières, la Jambée et la Commauche, s’insère dans le paysage harmonieux du pays percheron. L’église est encore entourée de son cimetière. Son chevet arrondi surplombe la route départementale de Longny à Boissy-Maugis.

L’église a pour patron Saint Jean-Baptiste et peut avoir pour origine : la fontaine qui coule au pied de la butte qui a donné son nom à la commune (monticellus, petite montagne). Jean-Baptiste, dans la lignée des prophètes de l’Ancien Testament est « la voix qui crie dans le désert », qui invite les hommes à se repentir de leurs fautes pour tourner leur cœur vers le Christ. Il prodigue l’eau purificatrice, source de toutes guérisons. Cette fontaine jalonnait un passage à gué sur la Commauche entre le peuple des Aulerques (le Mans-Sées, sur la rive droite) et celui des Carnutes (sur la rive gauche, Chartres). En effet, Monceaux appartenait au diocèse de Chartres jusqu’à la Révolution française et ce sont les moines chartrains de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée qui fondèrent la paroisse au XIe siècle ainsi qu’un prieuré dédié à Notre-Dame. L’abbé de Saint-Jean-en-Vallée nommé le prieur curé jusqu’en 1790.

Le gros œuvre

L’église remonte à l’époque romane. Elle s’ouvre à l’ouest par un porche en plein cintre, très simple, dont l’archivolte est décorée de petits motifs en pointes de diamant. Il était autrefois protégé par un auvent en tuiles appelé « chapiteau ». Les vantaux de la porte présentent une menuiserie à plis de serviette du XVIe siècle.
La nef mesure 14 m. de long sur 7,80 m. de large, elle est séparée du chœur par un arc brisé. Dans sa longueur totale, l’édifice ne dépasse pas 26 mètre, le chœur ayant été rallongé au XVIe siècle. L’église est éclairée par des fenêtres d’origine romane et comportait une porte aujourd’hui murée sur le mur nord. La toiture générale a été rabaissée et recouverte d’ardoise au XIXe siècle. A l’intérieur, la voûte en bardeaux n’a conservé son état ancien que dans le cul-de-four à l’arrière du maître-autel. Le clocher du XVe siècle est constitué d’une flèche effilée montant à 28 m. portée par un « tabouret » de quatre grosses poutres. Il a retrouvé son bardage de bois en essentes de châtaignier depuis 1996.

Le mobilier

La partie la plus originale du décor est le retable qui est certainement l’un des plus anciens du Perche (époque Louis XIII). Le contraste est frappant entre la simplicité des murs blancs de l’édifice et l’élégance du décor sculpté, réhaussé de peintures en faux marbre et de dorures. La partie centrale est encadrée de deux colonnes corinthiennes couronnées d’un fronton échancré qui porte un pot à feu. Le centre est marqué par une niche formant tabernacle encadré par une peinture délicate représentant l’Assomption de la Vierge au milieu d’anges musiciens. De chaque côté les portes en plein cintre sont également encadrées de colonnes portant fronton et pot à feu. Elle conserve des menuiseries anciennes avec un décor en pain d’épice de style Henri IV-Louis XIII.
Ne manquez pas d’admirer, serti dans la verrière de la fenêtre nord du chœur, le délicat petit vitrail du début du XVIe siècle, peint « à la grisaille et au jaune d’argent », figurant la Vierge à l’Enfant nimbée de rayon.
Le haut de la nef est marquée par deux petits autels latéraux du XIXe siècle où ont été accrochés deux tableaux originaux (sur les six que possède l’église) de l’abbé Henri Gonsard, dernier curé de Monceaux de 1907 à 1961.
Parmi les plus belles pièces du mobilier il faut signaler en premier lieu, la belle cuve baptismale en grès décoré en faible relief d’arcatures romanes et de colonnettes, œuvre d’un habile tailleur de pierres du XIIe siècle. L’autel face au peuple est l’ancien coffre des marguillers du XVIIe siècle.
Sur les murs se voient différentes traces de peintures murales qui décoraient autrefois l’église, notamment sur le mur nord une grisaille en damier dont la restauration et envisagée par l’Association de sauvegarde qui recherche le financement. De place en place se voient les traces de la litre seigneuriale dont seul un panneau a été dégagé. Il s’agit des armoiries de Pierre Gagnat de La Couronne, baron de Longny (†1749).
Dernière curiosité de l’église de Monceaux, le clocher renferme la plus ancienne cloche de Basse-Normandie : 1568. Une inscription livre les noms de Jacques de Commargon et de sa femme, Renée de Gruel, père et mère de Denise de Commargon qui épousa en 1567 Martin de Marescot et mourut l’année suivante en mettant au monde une fille, nommée Marguerite. La cloche porte quatre blasons : Commargon, Gruel, Marescot et mi-parti Marescot-Commargon.

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