MAISON PFISTER DE COLMAR

Située à l’angle des rues Mercière et des Marchands, la maison Pfister qui doit son nom à la famille qui en fut propriétaire de 1840 à 1892, est l’une des plus connues de Colmar. Edifiée en 1537 par Louis Scherrer, marchand chapelier, elle appartient après 1567 au drapier Claus Stattmann qui la fit décorer extérieurement de peintures murales. En 1596, elle fut achetée par un autre marchand, Claude Sison, qui la restaura en 1613. Victor Judlin l’acquit en 1892 et la rénova à son tour en 1909.

Alliant le grès jaune et le bois, le bâtiment superpose un rez-de-chaussée à arcades en segment d’arc, deux étages éclairés par des fenêtres à meneau et deux niveaux de combles. Une tourelle octogonale d’escalier sur la façade sud dessert les étages. L’angle de la maison est occupé sur les deux étages par un superbe oriel voûté d’ogives.

Le décor peint est attribué à Christian Vacksterffer (ou Bockstorffer). Ce décor typiquement humaniste mêle les éléments historiques, bibliques et allégoriques. Au 1er étage : trois registres, de gauche à droite et de bas en haut : la date de 1648, le monogramme de Stattmann et les armoiries de son épouse millésimé 1577, des bustes d’empereurs d’Allemagne (médaillons en bas-relief peints sur les allèges inférieurs de l’oriel), les Evangélistes (Matthieu, Marc, Luc, Jean), les Pères de l’Eglise (Grégoire, Jérôme, Ambroise, Augustin), des scènes de la Genèse ayant trait notamment avec Abraham, Rachel, Judith, les vertus théologales et cardinales mêlées.

La maison Pfister présente une architecture combinant à la fois les éléments gothiques (voûte et oriel) et de la Renaissance. De nombreux tâcherons témoignent de la présence de tailleurs de pierre ayant œuvré au transept sud de la collégiale de Thann et à la Régence d’Ensisheim. L’iconographie humaniste, où sont mêlés les allégories, des bustes impériaux et des scènes bibliques (comme à la maison Kammerzell à Strasbourg) illustre les goûts de la bourgeoisie colmarienne du XVIe siècle.

Nature des travaux

En juillet 2005, suite à la chute de fragments d’enduit portant sur des décors et d’un morceau de la dalle de la coursive, il a été observé des désordres importants sur le dernier corbeau de la galerie Est qui ont motivé la mise sous étais de cette partie désorganisée.
Les combles de la maison sont habités en totalité : un complexe isolant sous le rampant de la toiture dissimule aujourd’hui en grande partie la charpente et son principe constructif.
Une inspection avec nacelle comprenant la dépose très ponctuelle des tuiles de couverture, n’a pas permis de révéler d’altérations cachées des structures, supposées à l’origine du désordre constaté. Des investigations plus poussées ont donc été envisagées.
La dépose de la couverture depuis la sablière jusqu’au faîtage, sur une bande de 2 m environ, entre la maison voisine et la première lucarne, a permis de mesurer le système constructif de la charpente, d’en comprendre sa structure et d’ausculter plus en profondeur les bois de forte section et leur liaison, pour mieux interpréter le déclenchement du désordre.
Le Projet Architectural et Technique comprend la restauration de la couverture, le renfort de la galerie Est, la restauration des façades la révision des menuiseries et la mise en peinture du comble.

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