LUNETTE ÉQUATORIALE COUDÉE (classée aux Monuments Historiques)
Parmi les instruments de l'Observatoire, le plus emblématique est certainement la lunette équatoriale coudée. Installée dans un bâtiment construit par l’architecte en chef de la Ville de Lyon, Abraham Hirsch et inaugurée en 1887, elle est une des 7 lunettes de ce type jamais construites. La disposition très particulière de cet instrument avait pour but de permettre à l'astronome d'observer le ciel sans avoir à bouger avec la lunette, ce qui était le cas avec les lunettes droites, causant une grande pénibilité des observations : l'image est renvoyée par un jeu de miroirs dans un poste d'observation fixe à l'intérieur du bâtiment abritant l'instrument.
Les autres exemplaires étaient installés à Paris (deux exemplaires, dont le prototype), Besançon, Nice, Alger et Vienne (Autriche). Les deux lunettes équatoriales coudées parisiennes, celle de Besançon et celle de Vienne ont été démontées, et aucune perspective de réinstallation n'est envisagée : les bâtiments se sont dégradés et il n'est pas sûr que tous les éléments opto-mécaniques aient été conservés. Celle de Nice a été largement modernisée et celle d'Alger ne fonctionne plus. Celle de Lyon, est la seule restée dans son état d'origine, ce qui lui a valu d'être classée aux monuments historiques en 2007.
Le bâtiment édifié en 1887 qui accueille la lunette équatoriale coudée est un bâtiment constitué d’un pavillon typique du 19ème siècle et d’un abri mobile sur rail, destiné à protéger l’instrument des rigueurs de la météo. Il comporte des soubassements et chaines d’angles en ciment brettelé et des parements en brique. Le pavillon s’élève sur 2 niveaux comprenant une salle d’observation au 1er étage et le cabinet de travail de l’astronome au RDC. Un historique des travaux effectués sur le bâtiment a pu être recensé jusqu’en 1930. Au-delà aucun descriptif de travaux n’a pu être retracé.
SIDÉROSTAT (Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques)
Il fait partie, comme l'équatorial coudé, de la famille des instruments permettant d'observer dans une salle fixe. Cette fois, plutôt que d'avoir une lunette en partie mobile comme dans le cas de l'équatorial coudé, un miroir plan orientable envoie le faisceau lumineux dans une lunette horizontale fixe. Inventée par le génial physicien Léon Foucault, cette combinaison opto-mécanique a été porteuse d'espoir pour la réalisation de très grands instruments.
Un exemplaire géant avait été réalisé par le constructeur Gautier (qui avait déjà construit tous les équatoriaux coudés) pour l'exposition universelle de Paris de 1900. Le miroir faisait 2m50 de diamètre et la lunette avait un objectif de 1m d'ouverture et 60 mètres de long. Grand succès comme attraction d'exposition, il n'eut jamais d'utilisation scientifique et fut entièrement démonté et l'essentiel de ses éléments détruits.
Gautier construisit deux sidérostats par la suite de dimensions bien plus modestes, un pour l'Observatoire de Lyon en 1908 et l'autre pour celui de Meudon en 1909. Ces deux instruments étaient en quelque sorte des modèles réduits de celui de 1900. Celui de Lyon a un miroir de 40 centimètres de diamètre et une lunette de 6 mètres de long pour 32 centimètres d'ouverture. Si celui de Meudon a subi beaucoup de modifications optiques et mécaniques, celles apportées sur celui de Lyon ont été très légères et tous les éléments sont présents pour le restaurer dans son état d'origine.
L'abri du sidérostat lui-même est un simple édicule d'acier monté sur rail qui devra être restauré, mais qui ne présente pas d'intérêt patrimonial particulier. La lunette fixe est installée dans un des plus anciens bâtiments de l'Observatoire qui a été réaffecté à cet usage en 1924. Ce bâtiment demandera une restauration légère.
ÉQUATORIAL BRUNNER (Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques)
Achevée par les frères Brunner en 1881, cette lunette est le 1er instrument équatorial en fonction à l’Observatoire. A l’échelle internationale, elle a une valeur inestimable car il ne reste qu'un très petit nombre de lunettes Brunner qui étaient parmi les fabricants d'instrument les plus renommés de leur époque. Elle reste l’unique lunette Brunner en France en état de fonctionner.
Sa coupole d'une très belle facture, construite sur une charpente de bois et recouverte de feuilles de zinc a très bien traversé les années mais nécessite aussi une rénovation pour assurer un bon fonctionnement en rotation et ouverture. Ce point deviendra critique lorsque l'instrument sera restauré et utilisé fréquemment pour les visites.

Médias

Nature des travaux

ÉQUATORIAL COUDÉ
Le bâtiment de l’équatorial coudé est aujourd'hui‘hui dans un état limite de conservation. Des travaux d’urgence sont nécessaires afin de préserver cet édifice qui est soumis à d’importants problèmes d’humidité.
État de la toiture : les couvertures en ardoises sont posées au crochet et en zinc. Une partie des ardoises est oxydée. Les crochets de fixation sont oxydés voir cassés entraînant un déplacement de certaines ardoises et un risque de fuite. La zinguerie est oxydée également.
État des maçonneries : des dégradations importantes liées à l’eau existent (fuites et stagnation d’eau entraînent la dégradation des enduits, des coulures sur les corniches et des remontées capillaires dans les maçonneries). Des restaurations anciennes ont mal été exécutées, quelques ragréages ont été entrepris mais ne sont pas de qualité.
Etat des menuiseries extérieures : fenêtre du 1er étage et celle au-dessus de la porte d’entrée sont très dégradées. Nécessité de les remplacer.
Etat intérieur du bâtiment : l’humidité est le principal facteur de dégradation. Des décollements d’enduit sont constatés, des risques de moisissures sur les maçonneries pouvant avoir des conséquences graves et irréversibles sur les bois.
Abri mobile : les planches de rives de la base de l’abri sont en mauvais état (bois partiellement pourri), les roues présentent une usure importante sur leur bande de roulement. Par ailleurs le cheminement de l’abri qui se fait sur deux rails fixés sur des massifs en maçonnerie sont partiellement dégradés.
Instrument : souffre d’un manque d’entretien évident, réparations mécaniques à réaliser, système d’entraînement de la lunette à réviser.
ÉQUATORIAL BRUNNER
La restauration de l'instrument lui-même est commencée : un des segments du tube de la lunette qui était manquant a été reconstitué d'après les documents d'époque. Il reste un important travail de restauration des métaux à effectuer, spécialement sur les cercles gradués permettant de pointer un objet céleste selon ses coordonnées.
Une restauration de la coupole est indispensable pour que son ouverture et sa rotation soient aussi faciles que possible. La charpente en bois est à vérifier et à traiter afin d'en garantir la sauvegarde.
SIDEROSTAT
État très dégradé (rouille), toutefois tous ses éléments optiques et mécaniques originels ont été conservés, il peut donc être restauré dans son état initial. Un premier travail de diagnostic est en cours, mené par des étudiants de l'École Centrale de Lyon, supervisés par un ingénieur mécanicien et un astronome de l'Observatoire. La rénovation elle-même devra être menée en collaboration avec un spécialiste de la rénovation des métaux.
L'abri du sidérostat est aussi très atteint par la rouille. Des contacts ont été pris avec un lycée professionnel spécialisé en construction métallique pour mener ce travail.

Vocation du site

Si l’Observatoire accueille aujourd'hui un centre de recherche mondialement réputé, il reste un site exceptionnel attirant chaque année un public nombreux (de l’ordre de 10000 personnes). Les visiteurs (public, scolaires, enseignants) peuvent découvrir le patrimoine architectural / instrumental et participer aux animations scientifiques, conférences, rencontres avec des chercheurs et observations. L’élément majeur de la visite est la lunette équatoriale coudée. Cette lunette fonctionne encore (malgré les travaux d’urgence à réaliser) et permet, quand le ciel est dégagé, de montrer les taches solaires le jour, et les planètes, la Lune ou quelques astres plus lointains, la nuit.
La rénovation des autres instruments historiques de l'Observatoire permettra de répondre aux attentes d'un public de plus en plus nombreux, fasciné par l'observation du Cosmos, mais aussi par l'utilisation de ces instruments anciens semblant sortis d'un roman de Jules Verne !
En conclusion, grâce à cet exceptionnel parc d’instruments anciens et son activité de pointe en instrumentation, l'Observatoire offre au grand public un précieux témoignage de l’évolution des techniques de l'astronomie du XIXe siècle à nos jours.

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