TABLEAU CHATEAU MUSEE DE DIEPPE

L' Angers était « le plus beau cargo-boat »de la Compagnie des Chemins de fer de l'ouest, construit à Graville en 1890 et lancé le 21 mai de l'année. Affecté à la ligne Dieppe-Newhaven, il traversait en 4h à une vitesse de 15 n œ uds. Le soir du 2 janvier 1899, arrivant dans l'axe des jetées, contre le vent, un incident (peut-être la rupture d'une chaîne de gouvernail) entraîne la perte de contrôle du navire qui passe à l'ouest du musoir et vient d'échouer sur les galets le long de la jetée avant de se retourner sous l'effet d'une lame en percutant par l'arrière l'estacade métallique qui s'effondre sous l'effet du choc. Le navire sombre finalement le nez vers le large. Des dix-sept marins à bord, cinq périront.

 

Les autres parviennent à gagner le musoir, et se hisser à son sommet grâce à une drisse. Mais l'effondrement de l'estacade ne leur permet plus re regagner la terre, en pleine nuit. Un des membres de l'équipage succombe au vent cinglant et au froid. Il faut attendre le petit matin pour que les secours parviennent à envoyer des lignes qui permettront un va-et-vient entre le musoir et la jetée. Le mousse et la dépouille du marin mort de froid seront évacués les premiers, par dessus les flots déchaînés. Deux cadavres seront repêchés à Belleville-sur-mer, le lendemain.

 

Son naufrage causa une grande émotion dans la presse locale et nationale, car sur une traversée extrêmement fréquentée à l'époque entre Paris et Londres, devant le port de mer le plus proche de Paris (qu'il est toujours !), et alors que le paquebot Normandy transportant des passagers arrivait en face des jetées.

 

Tiré d'une esquisse croquée depuis la berge dès les lendemains du naufrage, le tableau final est réalisé par De Broutelles en quelques semaines. Le peintre envisage probablement de faire sensation au Salon de 1899, à Paris, par un très grand format (415 x 278 cm, n° 304), pour exploiter l'impact médiatique laissé par ce naufrage dans la presse nationale. L'œuvre représente l' Angers , naufragé au pied des jetées, au matin du 3 janvier. L'arrière du navire émerge des flots déchaînés. Au centre, les naufragés ont réussi à regagner le sommet du musoir, désormais isolé de la jetée après l'effondrement de l'estacade. De la jetée, au pied du phare, les secours lancent les premières lignes qui permettront de ramener les marins à terre par un mouvement de va et vient. Sur la plage, des badauds, peut-être des familiers des naufragés assistent à la scène. Cet aspect « spectacle » est de nature à émouvoir le public parisien.

 

Mais le principal sujet de l'œuvre reste la mer, immense et forte, qui prend ici une dimension volontairement impressionnante, et permet au peintre, spécialiste en la matière puisqu'il en a fait sa spécialité, d'exprimer sont talent descripteur. Fidèle à la réalité, elle est de ce vert de jade mat de la mer en mouvement, et « d'une transparence laiteuse » bien connue des amateurs du spectacle des tempêtes vues depuis la terre.   Le succès du tableau fut réel compte-tenu du retentissement qu'eut le naufrage dans la presse nationale. Son caractère documentaire en fait un derniers grands témoignages de naufrage ou événements de la vie maritime à cette échelle. Il ne trouva cependant pas preneur, et fut donné au musée de Dieppe en 1904 par l'artiste lui-même. Il a sans doute été exposé dans les salles du musée qui, à l'époque, était encore situé dans un bâtiment annexe de l'hôtel-de-ville, situé rue du Haut-Pas. Il fut en revanche probablement roulé lors du transfert du musée dans le château, en 1923.

 

À l'occasion du récolement de son inventaire, le musée a déroulé pour la première fois depuis de longues années le plus grand tableau de sa collection   représentant le Naufrage du steam boat l'Angers près des jetées de Dieppe . Le musée entreprendra sa restauration en 2008 suite à un appel d'offre incluant d'autres très grands formats.

Médias

Nature des travaux

Le tableau a été conservé depuis de longues années roulé dans les réserves du musée. Elle présente de nombreuses traces de plis et une fragilité certaine de la couche picturale sur les zones pliées. La restauration du tableau a fait l'objet d'un appel d'offre en mai 2007, qui a attribué le marché au groupement de restaurateurs Doyon-Crimail, Bureau et Roudet. Il sera restauré au Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF). Dans un premier temps, l'œuvre sera consolidée sur place, puis roulée et transportée dans l'atelier de restauration. La restauration consiste à :  

 

1/ Sur place, au Château-Musée :

- pose de protection à la face

- assouplissement des plis les plus serrés

- dépoussiérage léger du revers

- préparation du rouleau (fixation des flasques)

- mise sur rouleau (assistance et encadrement)  

 

 2/ Dans l'atelier de restauration :

- déroulage de la peinture

- mise en extension

- reprise des déformations

- refixages locaux par la face et retrait des papiers de protection

- imprégnation

- pose de bandes de tension

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