Hôtel particulier de la rue Mage de Toulouse
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Le projet de restauration : une façade à deux écritures
Les façades du 14 et du 16 de la rue Mage forment l’élévation sur rue de l’hôtel Bernard. Le n°16, à cinq travées, présente une composition symétrique et ornementée : bossages, ressauts, arcs à clés sculptées (mascarons, agrafes marines, guirlandes), corniche curviligne et garde-corps Louis XV. Le travail de la brique y imite la pierre. Le n°14, plus sobre, compte trois travées encadrées de dosserets à chapiteaux, avec des clés simples et une porte piétonne à clé à pointe de diamant sous corniche moulurée. Ses garde-corps sont de style Louis XVI. L’ensemble forme une unité matérielle avec deux écritures différentes qui communiquent l’évolution du parcellaire.
Le ravalement des façades de l'hôtel vise à restaurer leurs spécificités. Les maçonneries seront purgées, nettoyées, rejointoyées à la chaux et protégées. Le n°16 recevra un enduit très fin, tandis que le n°14 recevra un enduit en deux couches selon la palette toulousaine. Les portes cochères, les arcs, les menuiseries, les ornements en pierre et les mascarons seront restaurés. De plus, les garde-corps retrouveront leurs dorures et les descentes d’eaux pluviales seront remplacées par des modèles en fonte à dauphins.
Le lieu et son histoire
Situé au 14 et 16 de la rue Mage, l’hôtel Bernard est un hôtel particulier dont l’histoire se confond avec celle de la société toulousaine depuis plus de trois siècles.
En 1708, Jean Purpan acquiert pour le compte de Mathieu Albaret une maison, une petite maison attenante, une écurie, une grange et un jardin. En 1756, les héritiers Albaret vendent la propriété à Pierre Bernard, avocat, en précisant que les bâtiments, vétustes, nécessitent une reconstruction complète. Dès 1757, celui-ci obtient l’autorisation de démolir et de reconstruire la façade principale en brique et richement ornée.
Vers 1764, l’hôtel est vendu à Jean-Jacques de Martin, seigneur d’Ayguevives, président des Enquêtes au Parlement de Toulouse, guillotiné à Paris le 14 juin 1794 comme beaucoup de ses collègues parlementaires. Son fils Félix hérite alors de l’hôtel, avant de le vendre en 1802 à Agathe de Comminges et à Jean de Buisson de Bournazel. L’hôtel sort ainsi de la famille d’Ayguevives. Le couple n’ayant pas d’enfants, le bien revient à un neveu d’Agathe, Marie Joseph de Fumel (1776-1847).
La comtesse de Fumel, née Louise de Bertrand de Molleville, y meurt en 1882, à 81 ans. Ses enfants vendent ensuite l’immeuble à la marquise de Mun, qui y fait réaliser d’importants travaux de 1883 à 1885. À sa mort en 1907, elle le lègue à son petit-neveu Marc, marquis de Montaut-Brassac, qui s’y installe avec sa famille. L’hôtel passe ensuite à sa fille Anne-Marie, épouse du comte de Châlus, puis à leur fille aînée Anne de Châlus, née à Tarbes en 1929 et mariée à Géraud de Scorraille.
L’un de leurs six enfants, Étienne, a acquis l’intégralité de l’immeuble et entrepris de grandes rénovations. En 2026, il décide de restaurer la façade, dégradée depuis de longues années, pour lui rendre son éclat initial.
La mobilisation
Depuis deux ans, des filets protègent les passants des chutes d’enduit et de sculptures. La façade de l’hôtel particulier de la rue Mage, ne peut plus attendre. Chaque don contribue à sauver un morceau du patrimoine toulousain. Rejoignez les donateurs et aidez-nous à rendre à ces façades leur éclat d’origine !
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