CHAPELLE DE L'HOTEL DIEU A LYON

Un monument du patrimoine hospitalier

La chapelle de l’Hôtel-Dieu se dresse où se tenait, du 12e au 17e siècle, l’hôpital du Pont du Rhône, et notamment le grand corps auquel elle a succédé. Construit en 1493, c’est lui accueillit François Rabelais comme médecin de 1532 à 1535, années durant lesquelles il publia à Lyon Pantagruel puis Gargantua.

L’hôpital est transformé au début du 17e siècle par un programme architectural innovant. Il associe, dans une inspiration italienne (hôpital San Leonardo de Mantoue, hôpital Maggiore de Milan), un plan cruciforme avec un dôme de plan carré, et une grande église.

L’hôpital des Quatre-Rangs accueille ses premiers patients en 1632, et les travaux de la chapelle débutent en 1637. Le chœur et le transept sont financés par la confrérie des Marchands Drapiers, tandis que les recteurs de l’Hôtel-Dieu prennent à leur charge les chapelles latérales, à la clé de l’arc desquelles ils apposent leur blason. La construction de la chapelle s’achève avec la création de la voûte et des toitures, et la façade, inspirée d’un projet pour un hôtel particulier parisien, est édifiée en 1646, année de construction de l’hôtel de Ville.

Au 17e siècle, Lyon était une ville de marchands et de banquiers qui avaient fait fortune dans le commerce de la soie. L’hôpital s’inscrit alors dans un mouvement d’affirmation du pouvoir laïc, avec l’hôtel de Ville, la loge du Change et l’hôpital de la Charité. Ces édifices, qui partagent des architectes et des projets communs, participent d’une nouvelle composition urbaine dans une politique d’embellissement et d’alignement. A la suite de la construction de la chapelle, le dôme de l’hôpital sera d’ailleurs surélevé.

Pendant la Révolution, la chapelle est transformée en dépôt de salpêtre. Son mobilier et ses œuvres d’art sont en grande partie dispersés. Après la création des HCL en 1802, la chapelle est rendue au culte, et des dons permettent sa réornementation tout au long du 19e siècle. Plusieurs artistes, notamment des figures de la scène lyonnaise, concourent à l’essor artistique d’un hôpital résolument tourné vers les innovations médicales.

Le tournant du siècle sera le temps des questionnements : faut-il conserver ou détruire un hôpita réputé peu hygiénique ? Il sera finalement conservé, au détriment de l’hôpital de la Charité. Le classement monument historique de 1941 intègre la chapelle, qui entrera bientôt dans le cœur de plus de 30 000 des enfants nés à l’Hôtel-Dieu et baptisés dans ses fonts baptismaux durant les trente années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale.

Dans le cadre de la modernisation de l'hôpital, la façade est nettoyée en 1981 et un premier projet de restauration de la chapelle est envisagé en 1981, mais ne sera pas mené à bien. Un second projet est élaboré en 2008, tandis que l'hôpital est orienté vers sa reconversion. La restauration de la chapelle est conduite par les HCL, indépendamment de la reconversion de l'Hôtel-Dieu, intégralement classé monument historique en 2011. Elle est réalisée grâce, notamment, à de nombreux mécènes, à l’Etat et à la Ville de Lyon.

Au 21e siècle, la chapelle et le Grand Hôtel-Dieu offrent aux visiteurs un témoignage du patrimoine hospitalier, ouvert à de multiples activités, en particulier culturelles.

Une architecture baroque

L’architecture de la chapelle est inspirée des plans issus de la Contre-Réforme, sur le modèle de l’église du Gesù, à Rome, souhaitée par Ignace de Loyola. Sa nef unique et ses chapelles peu profondes tendent à tourner le regard des participants vers le chœur et l’officiant. Elle est adaptée à l’hôpital à travers deux tribunes, dans le transept, qui communiquaient directement avec les salles de patients et les appartements des sœurs et frères hospitaliers.

Un décor intégral et néobaroque

Après les restaurations du 19e siècle (mobilier, vitraux, dallage, chapelles latérales), un grand décor peint est commandé à Alexandre Denuelle. Il réalise en 1868 un décor en trompe-l’œil de reliefs et de matériaux. Ses motifs sont inspirés du décor architectural en façade, sur la porte et sur l’Hôtel-Dieu. En harmonie avec l’édifice, il recouvre l’ensemble des surfaces de la chapelle, et intègre quatre peintures d’Antoine Sublet et de Jean-Baptiste Chatigny.

Des sculptures de maîtres lyonnais et un reliquaire d’exception

La chapelle abrite la Vierge à l’Enfant de Jacques Mimerel, commandée en 1659 pour commémorer le vœu des échevins. Cette œuvre fait partie de celles dont l’aspect emblématique ouvre aux légendes les plus merveilleuses. On raconte ainsi que, devant être déplacée du pont du Change, sur la Saône, vers celui du Rhône, elle fut attachée sur un chariot tiré par des bœufs. Empruntant la rue Confort, ceux-ci passèrent devant la chapelle, et s’arrêtèrent net. Devant l’impossibilité de leur faire continuer leur chemin vers le pont, quoi de plus évident que de deviner le souhait de la Vierge d’être exposée dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu ?

Les sculptures du 19e siècle sont dues à Joseph-Hugues Fabisch à partir de 1853. Auteur à Lyon de la Vierge sommitale de la basilique Notre-Dame de Fouvière (1852) et à Lourdes de la Vierge de la grotte de Massabielle (1864), il fut, à l’Ecole des beaux-arts de Lyon, professeur de sculpture puis directeur. Une seule au 19e siècle a été réalisée par un autre sculpteur : La Mort de Joseph, par Charles Dufraine, en 1894.

Le grand reliquaire, accompagné de deux reliquaires de taille plus réduite, a été offert par le Cardinal de Bonald en 1849. Il contient une châsse présentant le gisant en cire de Sainte-Valentine, et expose les reliques de pas moins de 651 saintes et saints. Il est réalisé en bois, doré à l’or mat et brillant.

 

actualité
du projet

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Médias

Nature des travaux

Les Hospices Civils de Lyon souhaitent restaurer cet édifice majeur du patrimoine hospitalier, appelé à s’inscrire parmi les lieux remarquables de Lyon, et le faire vivre tout au long de l’année au rythme de la vie culturelle.

La redécouverte d’un patrimoine hospitalier d’exception

Ce projet est celui de la redécouverte d’un monument important du patrimoine hospitalier et lyonnais. Malgré le classement monument historique intervenu en 1941, aucune restauration n’avait été réalisée depuis le 19e siècle. Le décor avait disparu dans l’ombre d’une couche si noirâtre qu’elle laissait imaginer aux visiteurs les conséquences d’un incendie…

Un monument baroque au cœur du nouveau pôle patrimonial lyonnais

La chapelle est un jalon de l’histoire de l’architecture lyonnaise au cœur de la Presqu’île, dans l’ensemble de l’Hôtel-Dieu. Elle représente le patrimoine restreint de l’architecture baroque à Lyon, et son décor du 19e siècle est en parfaite harmonie avec l’architecture. Au 17e siècle, elle participait d’un parcours de façades monumentales qui affirmait le pouvoir laïc, avec les hôpitaux, l’hôtel de Ville et la loge du Change. Depuis avril 2018, le Grand Hôtel-Dieu restauré accueille dans ses cours et ses commerces lyonnais et visiteurs, et impulse une dynamique nouvelle au quartier, en particulier à la place de l’Hôpital que partage la chapelle. Ce renouveau est soutenu en 2019 par les ouvertures de l’hôtel InterContinental et de la Cité Internationale de la Gastronomie.

Des professionnels reconnus pour préserver la richesse de ce patrimoine

Les Hospices Civils de Lyon ont confié la maîtrise d’œuvre de la restauration à Didier Repellin, architecte en chef des monuments historiques. Le parti de restauration vise à préserver l’ensemble ornemental réalisé au 19e siècle et adapté à l’architecture du 17e siècle, tandis que la chapelle était alors entièrement blanche. Outre l’importante restauration du décor et des sculptures, plusieurs boiseries et la totalité des lustres sont recréés. Les restaurateurs intervenant à la chapelle sont tous des professionnels de grande expérience.

Une restauration réalisée grâce aux mécènes

Pour mener à bien cette restauration, les Hospices Civils de Lyon font appel, depuis 2008, au mécénat d’entreprises et de particuliers. Les travaux ont débuté en 2012 grâce aux mécènes, puis ont continué avec leur soutien, accompagné  par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et la Ville de Lyon. Les HCL sont partenaires, depuis le début du projet, de la Fondation du patrimoine, auprès de laquelle une souscription publique a été lancée.

Vocation du site

Un lieu de culture, de transmission et de partage

La chapelle accueille plusieurs milliers de visiteurs chaque année lors des Journées Européennes du Patrimoine, des Journées Européennes des Métiers d’Art et des événements d’envergure (la Biennale de la Danse en 2018). Les Hospices Civils de Lyon, accompagnés de nombreux partenaires, proposent concerts, visites, et médiations numériques (visite virtuelle, atelier Wikipedia et Wikimedia Commons, application « Murmures des Statues »…). Les bénévoles du sanctuaire Saint-Bonaventure assurent une permanence tous les après-midi du mardi au dimanche.

Partenaires

  • DRAC Auvergnne-Rhône-Alpes




  • Ville de Lyon




  • Crédit agricole Centre-est et Fondation Crédit Agricole Pays de France




  • French Heritage Society et Florence Gould Foundation




  • Fondation GDF Suez




  • CGPA




  • Conan Lyon Rive Gauche




  • Association Chapelle du Grand Hostel-Dieu de Lyon




  • Association Diocésaine de Lyon




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    Les HSL vous offre également l’ouvrage La chapelle de l’Hôtel-Dieu de Lyon. Carnet d’une restauration


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