Le projet
L’oratoire, construit en 1914 à proximité de la route, sera entièrement restauré (toiture, maçonnerie, façade). Les tombes remarquables feront l’objet de mesures de protection (une cinquantaine de tombes concernées). Enfin, les ferronneries d’art de certains caveaux feront l’objet d’une restauration. En parallèle, une nouvelle signalétique sera installée pour mettre en valeur le site. La restauration s'accompagne d'un projet de valorisation du cimetière pour les visiteurs. La communauté souhaite mettre en valeur ce lieu, en créant quatre parcours traitant des des thématiques suivantes : Art & histoire, Combattants, résistants et victimes civiles, Vie juive, Société civile (maires, députés, industriels, philanthropes, …). Des visites guidées, organisées en partenariat avec l’office du tourisme, sont régulièrement animées sur la thématique de l’histoire de la communauté juive de Belfort. Le cimetière fait partie des étapes de ces visites guidées. Le cimetière, ainsi que la synagogue de Belfort, accueillent près de 2 000 scolaires chaque année. La mise en place d’outils pérennes de médiation permettra de mieux valoriser ce lieu.
Le lieu et son histoire : un cimetière témoin de la présence d’une communauté juive dès la fin du XVIIIe siècle
Si la présence d’une communauté juive est attestée en 1715 dans la localité voisine de Foussemagne, les juifs ne sont autorisés à Belfort qu’à partir de 1791, lors de l’émancipation des Juifs de France. La communauté qui s’y installe dès la fin du XVIIIe siècle, dans la vieille ville, est principalement originaire du Sundgau. D’autres Israélites, fuyant le « Juden Rumpel » de Durmenach en 1848, dernier pogrom antisémite de France, viennent étoffer cette communauté, ainsi que de nombreux « Optants » pour la France, qui quittent en 1871 l’Alsace allemande. Pendant la Seconde Guerre mondiale, environ 250 juifs de Belfort sont déportés. Après guerre, la communauté accueille des rescapés de la Shoah (polonais, allemands, galiciens), puis des Juifs d’Afrique du Nord. Trois maires de la ville, tous inhumés dans le cimetière, sont issus de la communauté juive locale, témoignant de l’engagement de la communauté dans la vie politique de la ville. Le terrain du cimetière, acquis par la communauté en 1811, offre un panorama sur les hauteurs de Belfort. Dans l'allée centrale arborée, est installé un monument aux morts de la Première Guerre mondiale, inauguré en 1921. Le cimetière abrite notamment les tombes de Jacques Dreyfus, manufacturier et frère aîné du capitaine Alfred Dreyfus, ainsi que de Léopold Lehmann, rabbin de Belfort pendant plus de 50 ans.