La Porte Mars, point de repère dans la ville et un monument unique :
Durant l’époque gallo-romaine, la ville de Durocortorum (Reims) est capitale de Gaule Belgique et possède à ce titre une parure monumentale. La porte Mars et le cryptoportique sont les seuls vestiges encore en élévation. La porte Mars a une fonction d’arc de triomphe et date de la période la plus prospère de la ville antique, probablement entre 130 et 190.

Bien qu’il subsiste aujourd’hui d’autres vestiges de ce type dans le monde romain, celui de Reims est original en 3 points :
- Il est le plus grand : 30 mètres de long pour une hauteur de 15 mètres (avec les superstructures disparues)
- Il fait partie d’un ensemble encadrant le centre-ville. Il reste des ruines de la porte Bazée rue de l’Université, 2 autres auraient existé (Porte Cérès et une porte devant le théâtre). Ce schéma est rare dans l’urbanisme romain.
- Il présente une riche décoration d’inspiration locale. Outre des thèmes habituels dans le monde antique (Enée, Remus et Romulus allaités par la louve, la déesse Léda), on trouve un calendrier agricole des 12 mois de l’année avec un panneau représentant la moisson.
Ces caractéristiques font de la Porte le premier édifice rémois classé monument historique (liste de 1840).

Un témoin des mutations de la ville :
Face aux invasions, début IVᵉ siècle, les habitants de Durocortorum construisent des fortifications et utilisent les arcs de triomphe comme portes.
Au Moyen Âge, la Porte Mars est murée et une autre porte la remplace, dans l’axe de l’actuelle rue de Mars. On ne distingue plus la porte initiale du rempart dans lequel elle est totalement englobée, plus précisément dans le rempart du château des archevêques. La porte est dégagée lors de la démolition du rempart au milieu du XIXᵉ siècle mais très endommagée.
Aujourd’hui, la Porte Mars est un point de repère pour l’entrée du centre-ville depuis le faubourg de Laon, que l’on se déplace en voiture ou en tramway.

Une Porte malmenée par les intempéries :
Fin XIXe siècle, une reprise de couronnement avec une dalle en béton a été réalisée. Aujourd’hui la protection n’est plus efficace, une fissure est apparue et l’étanchéité n’est plus assurée. Les infiltrations provoquant une dégradation importante de la pierre. Il est donc fondamental de protéger la Porte Mars avant d’envisager une restauration de sa statuaire.

Nature des travaux

- protéger l'arc des eaux pluviales, grâce à la restauration de la couverture, la restitution de l’architrave disparue et la refonte complète du système de récupération des eaux de pluie (pose de descentes, réalisation d'un drainage périphérique,...)
- mener les investigations scientifiques (prélèvements, analyses en laboratoire, tests de restauration in situ) qui seront nécessaires pour engager la restauration de l'arc dans les années à venir.

L’architrave restituée remplacera le bandeau en béton fortement dégradé. Elle permettra de protéger les maçonneries situées entre les colonnes et son profil sera réalisé dans la continuité du fragment déjà restitué au 19ème siècle en partie Ouest. La nouvelle architrave sera épannelée et reprendra le rythme des faces existantes sans le décor sculpté d’ornements.
L’action protectrice de l’architrave sera doublée par celle des tailloirs, qui auront pour rôle de protéger les chapiteaux et les colonnes.

Les ouvrages de couverture consistent à remplacer la chape en ciment et l’étanchéité actuelle par une couverture en plomb et un chéneau périphérique en cuivre qui ne seront pas visibles depuis la rue. Les jets de volée actuels, à la fois disgracieux et inefficaces seront remplacés par une descente d’eau pluviale. Cette descente sera encastrée dans les maçonneries refaites au 19ème siècle et tubée, ce qui facilitera l’entretien et favorisera sa pérennité. Deux trop plein sont prévus en compléments, au niveau du couronnement de la face Ouest.

Un drainage sera mis en place sur toute la périphérie de l’arc, à l’extérieur de l’emprise de la chaussée antique. La finition des surfaces drainées sera traitée de manière provisoire en gravier de pierre de calcaire ocré, dans l’attente de la réalisation du projet de réaménagement urbain.

Vocation du site

Projet de double échafaudage :
Avec le soutien de la Fondation du Patrimoine et de son Délégué Régional, Pierre Possémé, la Ville de Reims envisage de mettre en place un dispositif innovant de découverte du chantier de restauration. Ce dispositif qui pourrait être placé sous le slogan « Ouvert pour cause de chantier » permettra l’accès du public au chantier à travers un double échafaudage.

D’autres étapes de restauration :
Après l’étape de restauration partielle portant sur la couverture et l’architrave, une étude préalable à la restauration pourrait permettre d’envisager la restauration du statuaire de l’édifice.

Visites :
Des visites scolaires sont déjà organisées régulièrement autour de la Porte Mars avec le Service Animation du Patrimoine de la Ville de Reims. Elles se poursuivront pendant et après le chantier. Des visites avec les mécènes ou des visites en groupe sur demande pourront être organisées.

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