L’Hôtel Lagier de Vaugelas
C’est au 9 de la rue Saint-Vincent, actuelle cure de la paroisse de Die, mais au XVIIIème siècle propriété d’un avocat au rez-de-chaussée, entre cour et jardin, un décor peint de « chinoiseries » sur enduit et boiseries. Une peinture en camaïeu de bleus sur fond ocre recouvre l’ensemble de ce petit salon. Sur la partie basse, une frise simule des carreaux de Delft, souvenir de la Compagnie des Indes. Au-dessus, un registre à la mode chinoise telle qu’on se l’imaginait à l’époque. Sur la partie haute figurent des paysages, des marines, des scènes de port et de chasse. Des panneaux intermédiaires font alterner des guirlandes de fleurs et pilastres en trompe-l’œil. Sur les voûtes, des Amours ailés évoquent les saisons. Pourquoi donc un tel décor dans un tel lieu ? Pour le peintre, il s’agit de se conformer à une mode qui essaime au XVIIIème siècle dans une Europe lassée des canons classiques ; pour le commanditaire, c’est une façon de montrer qu’il connaît et suit la mode.

Louis Farjon : un artiste régional
Des recherches ont permis de découvrir le peintre, jusqu’alors inconnu. Il s’agit de Louis Farjon, un artiste né à Crest en 1716 à Die. Ce peintre local est un « ornemaniste », un décorateur en quelque sorte, comme le Lyonnais J. Pillement son contemporain auprès duquel il a largement puisé son inspiration. Il s’est appuyé également sur les faïenciers de Lyon, Moulins, La Tronche, plus que sur les ouvrages illustrés des Jésuites. Quelques décors peints de sa main ont été exécutés dans le Diois pour des hommes de robe. Le reste de sa production, à partir de 1759 et jusqu’à 1777, date du dernier tableau répertorié, est essentiellement composé de peintures religieuses, commandes de congrégations. C’est en 1777 que l’on perd la trace de l’artiste.

Cette pièce, excentrée dans la demeure, avait été au cours du XXème siècle pour ainsi dire oubliée : une chance en quelques sorte, car seule l’humidité ambiante et les émanations de cheminée du siècle précédent avaient créé des dégradations qui n’étaient heureusement pas irréversibles. En dépit de ce que l’on aurait pu craindre, le décor, même s’il avait souffert, était resté presque intacte et un nettoyage prudent des peintures murales et des boiseries ont pu permettre à l’ensemble de retrouver son éclat. Après inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2005, les travaux de restauration ont été réalisés par l’atelier de Florence Cremer sous la responsabilité scientifique de la Conservation régionale des monuments historiques et avec la participation financière des nombreux partenaires dont la DRAC, le Département de la Drôme, la communauté de communes du Diois, la ville de Die et diverses fondations et associations.
Désormais il s’agit de faire des travaux de maçonnerie, de restauration de la partie basse du décor et de mettre en place u suivi climatique.

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Nature des travaux

Désormais il s’agit de faire des travaux de maçonnerie, de restauration de la partie basse du décor et de mettre en place u suivi climatique.

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