
Le projet : après les travaux d'urgence, opérer la remise en état du site
Véritable totem de la vallée du Queyras, le Fort Queyras domine le village de Château-Ville-Vieille depuis un éperon rocheux stratégique, à l’entrée de la vallée du Guil, un affluent de la Durance. Situé à 1 390 mètres d’altitude, sur un point de passage majeur non loin de la frontalière italienne, le fort symbolisait autrefois l’autorité du roi de France. Aujourd’hui, il se trouve sur le parcours des randonneurs, à la croisée des GR 5 et GR 58.
Sans véritable entretien depuis son désarmement en 1944, le site a subi de nombreuses dégradations. Chaque hiver, le site subit des cycles de gel et de dégel, accentués par le réchauffement climatique, entraînant des dégradations et la fermeture de plusieurs espaces (corps de garde, bastion, plateau ouest).
Décor de grands films de cinéma, la véritable renaissance du Fort Queyras débute en 2023 lorsque Nicolas Chabrand, entrepreneur haut-alpin attaché au patrimoine de son département, acquiert l’édifice avec l’objectif de le restaurer et de l’ouvrir au public. Les premiers travaux d’urgence ont déjà pu être réalisés. Des interventions ont été menées pour limiter les dégradations. En octobre 2024 et avril 2025, des infiltrations d’eau ont conduit à la réfection des toitures (donjon, pavillon du gouverneur, poudrière, bastion ouest).
La prochaine tranche de travaux, prévue en 2026, consistera en la restauration des remparts du bastion est, la réhabilitation du pavillon du Gouverneur (charpente, couverture et élévations), ainsi que celle de l’ensemble poudrière / boulangerie / salle d’armes (charpentes, couvertures et élévations).
Puis une tranche programmée en 2027, concernera le bastion Est, le corps de garde (charpente, couverture et élévations), ainsi que la restauration des sols extérieurs.
- Mars 2026
Sélection par la Mission Patrimoine
Le lieu et son histoire : un site reflet d'une histoire mouvementée
Le Fort Queyras est un château médiéval fondé au XIIIe siècle et transformé au fil de plus de 8 siècles. Ses aménagements successifs, notamment ceux réalisés par Vauban, ingénieur militaire de Louis XIV, témoignent de son important rôle défensif.
Situé à 1 390 mètres d’altitude, sur un point de passage stratégique en zone frontalière, le fort symbolisait l’autorité du roi de France, à la fois face aux puissances voisines comme le Piémont et la Savoie, et auprès des populations locales du Queyras. Celles-ci bénéficiaient d’ailleurs d’un statut particulier au sein de la “République des Escartons”, du Moyen Âge jusqu’à la Révolution française.
Forteresse frontalière, prison, lieu de combats pendant les guerres de Religion et sous le règne de Louis XIV, puis élément de défense modernisé dans les années 1930, le fort reflète l’histoire mouvementée de cette région de frontière. Il est finalement démilitarisé en 1967. Inscrit depuis 1948, l’édifice est aujourd’hui en cours de classement au titre des Monuments historiques.
La mobilisation : un projet essentiel pour redonner vie au site, étape incontournable des randonneurs
Aujourd’hui, le site est ouvert au public de juin à septembre et devrait, à terme, proposer une ouverture partielle en hiver. Sa restauration améliorera l’accessibilité et permettra de créer des parcours de visite adaptés à tous. Le fort deviendra aussi une étape pour les randonneurs et pourra accueillir des hébergements insolites.
Il s’inscrira dans une offre touristique attractive pour les habitants et les visiteurs, en lien avec l’association Les Amis de Fort Queyras, qui organisera des événements. Une via ferrata en projet sur la falaise permettra également de découvrir le site et ses environs. Enfin, un musée consacré au Parc naturel régional du Queyras sera aménagé dans la partie ouest.
La Mission Patrimoine confiée à Stéphane Bern, déployée par la Fondation du patrimoine et soutenue par le ministère de la Culture et FDJ UNITED, contribue à la sauvegarde du patrimoine français dans toute sa diversité.
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