
Le projet : sauver la mosquée d'Antana-Bé endommagée par le cyclone Chido
Le cyclone qui a dévasté Mayotte en décembre 2024 n’a pas épargné la mosquée d’Antana-Bé, située dans la baie de Bouéni, au sud-est de l’île. L’édifice, dont la toiture et la charpente ont été arrachées, a été exposé aux aléas climatiques locaux pendant un an, avant que la DAC (Direction des affaires culturelles) de Mayotte ne mène des opérations de sécurisation en décembre 2025.
Désormais sécurisée grâce à une nouvelle charpente et à une toiture provisoire, la mosquée d’Antana-Bé nécessite des travaux de restauration, notamment la reprise et la consolidation des structures maçonnées, le renforcement des maçonneries, ainsi que la mise en place d’une charpente et d’une couverture pérennes.
Le soutien apporté par la Mission Bern permettra aux fidèles de fréquenter à nouveau ce lieu de culte et de préserver l’unique vestige historique encore en élévation du village d’Antana-Bé.
- 1890
Naissance du village d'Antana Bé et construction de la mosquée dans des matériaux végétaux
- 1930
Reconstruction en dur de la mosquée
- 1987
Plan de résorption de l'habitat insalubre forçant les habitants à délaisser le site pour s'installer à Poroani
- 2022
Appel à projet de la DAC Mayotte pour l'entretien et la mise en valeur du site de l'ancien village d'Antana Bé et de sa mosquée
- 2024
Passage du cyclone Chido et destruction presque totale de la mosquée
- Mars 2026
Sélection par la Mission Patrimoine
- Janvier 2027
Fin des travaux de restauration de la mosquée
Le lieu et son histoire : témoin unique d’un village déplacé pour faire face à la montée des eaux.
En 1890, Mzé Mhami et sa famille, venus de Madagascar, fondent le village d’Antana-Bé, contraction des mots malgaches "tanana" et "bé", qui signifient "grand village". Celui-ci est l’un des plus anciens de l’île. Menacés par la montée des eaux, les habitants quittent la lagune et s’installent quelques centaines de mètres plus haut en 1987, dans l’actuel village de Poroani.
La première mosquée du village est construite en 1890, à partir de matériaux végétaux, notamment des feuilles de cocotier et de la terre. En 1930, la mosquée est reconstruite « en dur », en moellons de pierre basaltique grossièrement taillés et hourdés au mortier de chaux. De construction quasi symétrique, le bâtiment, surélevé sur un socle en pierres maçonnées, dispose de deux entrées, séparées du sol par une petite volée de marches. La mosquée a toujours témoigné d’une grande sobriété architecturale : aucune fioriture ni modénature ne vient altérer la simplicité de cet édifice, entouré d’une clôture en simple torsion.
La mobilisation : un réseau local d’acteurs institutionnels et citoyens
Avant d’être violemment frappée par le cyclone Chido, la mosquée et l’ancien village étaient déjà au cœur des préoccupations de la DAC et du Conservatoire du Littoral, comme en témoigne l’appel à projets pour l’entretien et la mise en valeur du site lancé en 2022.
À la suite du cyclone, un réseau d’acteurs locaux s’est constitué pour sécuriser et préserver les lieux. Des étudiants en architecture réunionnais se sont impliqués dans la sécurisation aux côtés de l’agence Building for Climate en 2025. L’Association des fidèles s’est également mobilisée pour la préservation du site, en étroite coordination avec la mairie de Chirongui.
La Mission Patrimoine confiée à Stéphane Bern, déployée par la Fondation du patrimoine et soutenue par le ministère de la Culture et FDJ UNITED, contribue à la sauvegarde du patrimoine français dans toute sa diversité.
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